Le cuivre a atteint le prix le plus élevé de son histoire.
En septembre 2026 le prix du cuivre à la Bourse des métaux de Londres a dépassé pour la première fois le seuil de 14 500 dollars la tonne, et quelques semaines plus tard il s'est approché des 14 900 dollars. Au même moment, le prix a atteint un record historique aussi à la bourse new-yorkaise Comex. Derrière cette hausse se trouve une combinaison de plusieurs facteurs: une demande croissante, une production instable et des tensions commerciales.
Le cuivre est indispensable à la transition énergétique et à l'électrification du monde. Grâce à son excellente conductivité, il est utilisé dans les câbles, les moteurs électriques, les transformateurs et presque tous les appareils électroniques. Un véhicule électrique contient plusieurs fois plus de cuivre que les voitures à moteur à essence, et de grandes quantités sont nécessaires aussi pour les éoliennes, les centrales solaires et les réseaux électriques. Le nouveau moteur de la demande est constitué par les énormes centres de données pour l'intelligence artificielle, dont la construction et l'alimentation exigent d'énormes quantités de cuivre.
Le problème est que l'offre ne peut pas suivre cette croissance. Une grande partie des mines du monde sont vieilles, et la teneur en cuivre du minerai diminue progressivement, si bien que pour la même tonne de cuivre il faut extraire de plus en plus de minerai. L'ouverture d'une nouvelle mine, de la découverte du gisement à la première production, prend souvent plus de dix ans. Une partie des besoins est couverte par le cuivre recyclé, mais cela n'est pas suffisant. Au cours de l'année écoulée de graves problèmes dans de grandes mines en Indonésie et en République démocratique du Congo ont réduit davantage la production. Selon les estimations, de ce fait environ 600 000 tonnes de cuivre disparaissent du marché chaque année. Certains analystes avertissent que la production minière mondiale cette année pourrait baisser pour la première fois depuis 2017. Au Chili, le plus grand producteur de cuivre au monde, les exportations de cuivre en août sont tombées à leur plus bas niveau depuis plus d'un an.
Le troisième facteur est la politique commerciale des États-Unis. Le ministère américain du Commerce a proposé un droit de douane de 15 pour cent sur les importations de cuivre raffiné à partir de janvier 2027, qui à partir de 2028 passerait à 30 pour cent. La proposition attend toujours l'approbation du président. En prévision de droits de douane plus élevés, les négociants américains ces derniers mois ont importé à l'avance d'énormes quantités de cuivre. Ainsi, une grande partie des stocks mondiaux a fini dans des entrepôts aux États-Unis, tandis que les stocks de la Bourse de Londres fondent. Cela pousse encore les prix vers le haut sur les autres marchés du monde.
Les prix record apportent de gros bénéfices aux géants miniers. Les compagnies minières Rio Tinto, BHP et Glencore ont déjà annoncé des revenus élevés grâce au cuivre. Pour l'industrie et pour les consommateurs, en revanche, un cuivre plus cher signifie des coûts plus élevés, et au bout du compte aussi des prix plus élevés pour de nombreux produits.
Les prix élevés sont une bonne nouvelle aussi pour la mine de Bučim près de Radoviš, dans l'est du pays, où on extrait du cuivre depuis des décennies. Le concentré de cuivre de Bučim est un important produit d'exportation de la Macédoine. Néanmoins, les analystes avertissent que les prix des matières premières peuvent chuter brutalement, si la guerre commerciale s'apaise ou si l'économie mondiale ralentit. Pour l'instant tout indique que le cuivre restera l'un des métaux les plus recherchés de ce siècle.