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La stagnation de la fonte de la glace arctique n'apporte aucun soulagement.

Le 12 septembre 2026 la banquise arctique a atteint son minimum annuel et couvrait environ 4,6 millions de kilomètres carrés. Les données ont été publiées le 23 septembre par la NASA et un centre américain de recherche sur la neige et la glace, qui suivent les glaces polaires depuis la fin des années 1970. Avec cette superficie 2026 partage la dixième place sur la liste des minimums les plus bas avec 2008, 2010 et 2025, car les écarts entre eux sont inférieurs à 40 000 kilomètres carrés. Le record de 2012, quand la glace s'était réduite à seulement 3,39 millions de kilomètres carrés, reste toujours inégalé.

À première vue, les chiffres semblent presque encourageants, car cette année n'a pas apporté de nouveau record. Les minimums de septembre des deux dernières décennies ne montrent pas de baisse significative, si bien que les scientifiques parlent d'un plateau. Selon le scientifique Walt Meier du même centre, la glace a effectivement cessé de diminuer, mais à un niveau qui est bien plus bas que dans les premières années des mesures. L'ensemble des 20 minimums les plus bas depuis le début des mesures satellitaires ont été enregistrés au cours des 20 dernières années, de 2007 à 2026. Autrement dit, même la meilleure année de cette série est pire que n'importe quelle année antérieure à 2007.

Les explications d'une telle stagnation, selon les scientifiques, sont multiples. Dans les années 1990 et au début des années 2000 l'Arctique a perdu une grande partie de sa glace épaisse pluriannuelle. Aujourd'hui la vieille glace restante se trouve autour du pôle Nord et au nord du Groenland, là où le froid est le plus intense et où la saison de fonte est la plus courte. Ainsi s'est établi un nouvel équilibre entre la croissance hivernale et la fonte estivale de la glace de première année. Les scientifiques de la NASA ajoutent que ces dix dernières années il y a eu davantage de nuages au-dessus de l'Arctique, qui protègent la glace du rayonnement solaire. Une partie de l'explication pourrait aussi être la variabilité naturelle du climat, qui peut masquer pendant des années la tendance à long terme.

Pourtant, les chiffres stables de la superficie ne disent pas à quel point la glace elle-même s'est affaiblie. La glace actuelle est nettement plus mince et plus jeune que dans les années 1980, si bien que les vagues, les vents et les tempêtes la brisent bien plus facilement. C'est précisément ce qu'on a vu cet été: dans la mer de Beaufort et la mer des Tchouktches la glace a fondu tard, mais exceptionnellement vite. En même temps, une vaste étendue d'eau libre s'est ouverte entre le Svalbard et le pôle Nord.

Les conséquences ne restent pas seulement en Arctique. La surface blanche de la glace réfléchit une grande partie de l'énergie solaire, tandis que l'océan sombre l'absorbe, ce qui accélère encore le réchauffement. En raison de cette rétroaction, l'Arctique se réchauffe plusieurs fois plus vite que la moyenne mondiale. Comme la banquise flotte déjà, sa fonte n'élève pas le niveau de la mer, mais elle influence la météo, les écosystèmes et la vie des communautés du Nord. La disparition de la glace ouvre aussi les routes maritimes du Nord, ce qui attire les compagnies de navigation.

Le déclin à long terme de 1979 à nos jours reste toujours net. Comme la glace est mince et vulnérable, une seule année chaude et tempétueuse pourrait provoquer de nouveau une fonte brutale. Ainsi la stagnation relève davantage d'une pause que d'une fin de la fonte.

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